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06 Oct 2008 
Il y a dans nos vies ces jours perdus d'avance où l'on accepte la souffrance au lieu de se l'arracher comme on s'arrache une seconde peau infantile. On a beau se dire que tout ceci est impossible, qu'on n'a pas mérité pareille torture, pourtant il faut passer par là. Toute maladie est une leçon. J'apprends ainsi à marcher. A marcher avec tout ce qui me reste de lucidité. Ainsi, je m'élance vers moins d'angoisse, moins de faiblesse à chaque nouvelle journée. Cette maladie odieuse, ignoble et qui me fait tant souffrir, les circonstances qui m'ont menées jusqu'ici, ma vie me font comprendre ce que j'ai gagné en bonheur aujourd'hui. Cette course à travers mon identité brisée en mille éclats, cette rivière pourpre cent mille fois traversée, combien, aussi, de larmes versées?
Et puis, ma solitude, ma séparation d'avec le monde, d'avec le cosmos, d'avec ce qui me fait vivre aujourd'hui. Je m'étais même séparé de moi-même... Telle est la scission interne propre à la maladie. J'étais un étranger en mon âme. Je transpirais, mais ce n'était pas ma sueur, je regardais, mais ce n'était pas de mes propres yeux, de là ce sentiment vaguement obscur d'étrangeté. Le monde, certes, est mystérieux et bien étrange.... Mais c'est moi-même que je trouvais particulièrement étrange. Je n'avais pourtant rien d'un psychotique. Je ne faisais pas d'un caillou dur et froid mon tendre ami. Aller au-delà de ses chimères, de ses propres non-dit, de ses vieux mensonges internes, c'est aussi explorer le chemin tortueux de ses désirs, de ses pulsions, ce qui peut être fort dangereux, mais qui guérit! Souvent, on s'imagine que la guérison vient d'un mouvement ascencionnel, alors que c'est  souvent le contraire, la guérison vient d'une descente dans les profondeurs de l'inconscient.
Aujourd'hui, on ne va pas à l'essentiel, à la source. On préfère tourner autour du pot. Qui parle encore d'amour? Qui parle encore de vérité? Qui parle encore de poésie? La guérison essentielle viendra par la peau-éthique, poétique, lorsque les peuples s'uniront autour d'un projet commun de sauvegarde des richesses de la planète pour les générations futures et présentes.  Lorsque les peuples ne seront plus soumis à la loi du marché, que l'argent ne sera plus le seul et unique mode de fonctionnement des sociétés dites développées. Quand on sortira du système pourri de la croissance qui est responsable des pollutions massives. Dès que le peuple cessera de travailler dans le seul but de consommer, dès qu'il cessera d'être un acheteur frustré, un espoir naîtra. De plus en plus de personnes aujourd'hui sont démondanisées, sans terre d'asile, car pour eux, la planète est séquestrée. C'est une situation abominable.
Un autre monde est possible,il faut y croire, il faut croire en soi! Il existe un phénomène d'accélération aujourd'hui, tout se dégrade très vite, les climats sociaux, la surveillance policière, les violences urbaines...etc... Les disparitions d'espèces d'oiseaux communs pourtant, tout! Autour des sites nucléaires, il existe aussi une forte pollution, notamment dans les nappes phréatiques. Le démantèlement des centrales trop vêtustes est estimé à mille milliards de dollards, et autant de surcouts! Qui paiera? On dit que gouverner, c'est prévoir... Les enfants sont encore insouciants à notre époque, sera-t-il encore le cas demain?

Célestin.
Admin · 654 vues · 2 commentaires
21 Sep 2008 


 



LA LIE NOIRE



 



Et les mots
de peur et d’angoisse qui me viennent du fond du trou de ma mémoire, comme la
folle rivière souterraine inondée du lit de sa mère, l’averse qui pleure encore
le mal doué qui d’un cerceau imparfait et piquant à jamais de fer l’avait
cerclé. Moi, perdu dans ce labyrinthe, je revois les papillons bleus de nuit
revenir aux points de la mort qui, endettée de carmin, me ramène aux lys qui
couvraient jadis la plantation du cœur pantin. J’étais, moi, cette ivresse du
chant funèbre qui parcourt de son onde l’ombre sacrée qui saccage la profonde
maison de la racine de vos consciences, jusqu’à la lie noire de votre plus
terrifiant dégout quand, morts de trouille, vous n’hurlez plus.



Oui, il a
existé tant de carrières où j’ai creusé vers vous avec mon nom, simplement.
Carrières où dans les éboulis de pierres j’ai écrasé les pourritures même des
fratricides communautaires et illégitimes. J’ai vu le peuple tendre les mains
vers le baquet du sang des maîtres égorgés, et il n’est resté que le fond
éternel du chaudron mou, le vaste chaudron de chair. Une hallucination de plus
dans mon crâne qui n’a pu supporter  cette maudite guerre. J’en ai trop vu
Seigneur, comment sortirais-je de ce bourbier, de ces charniers à ciel
ouvert ?!



Entre ma
peau et mes os, s’est glissée une moiteur sourde, une gangrène noirâtre que
rien ni personne n’arrête. J’ai peur d’en mourir. J’y pense sans cesse. Cela me
travaille tellement au corps que j’ai attrapé la dyssentrie. J’en crèverai sans
doute ! Et sur mes bottes, quelques gouttes de cire figée me rappellent
des nuits d’insomnies sur la terre gelée. J’y voyais mille et une folies, des
extravagances incroyables à force de tourner sans cesse d’un côté puis de
l’autre  dans mon vieux manteau de laine
bleue. Qui étais-je dans ce rêve, sinon le vagabond ? Je m’y identifie
encore parfois, j’ai froid, alors. La nuit, soudain, me prend entre ses griffes
de bronze, me serre la gorge et me trouble par ses appétits. Elle me désire, me
veut tout à elle, tente de me faire son esclave encore une fois, que je la
suive jusqu’à l’aube…



Mais moi,
suis-je homme ou femme, quelle est mon identité véritable, et par où commencer,
dans ce cirque bestial qu’est la vie ? A l’aube des nouveaux rendez-vous
avec les morgues paresseuses, je n’ai qu’un mot à dire : combat !
Combat ! Car la paix n’est pas pour demain. Que deviendrons-nous sans
notre tumulte, sans tohu-bohu, sans les bruits de nos guerres intestines ?
Rampe, rampe encore petit vermisseau, ta mère n’est pas loin d’être morte.
Ainsi, l’on apprend vite à marcher seul. Dieu le sait. Et la moiteur entre l’os
et la peau, et les points noirâtres dans la chair persistent… C’est la chanson
de la gangrène, le ver est dans le fruit.



Chantons à
la gloire du vaisseau fantôme où nous vivons tous ici entre bons amis, nous les
fidèles clients de Babylone. Regardons autour de nous les merveilleux édifices,
la ville magnifique et ses deux tours. Mais voyez aussi, comme d’un seul coup,
toute la ville brûle !! Et il n’en restera, à l’aube, que des cendres… Et
des larmes de sang. Ainsi, la moisson parfois se fait en même temps que l’on
sème. Tout est là, face à nous, à point nommé, dans le drame, la catastrophe et
le désastre, dans le néant, la ténèbre, le chaos. Et alors, peut-être
cesserons-nous d’avoir peur, de trembler sans cesse pour nos biens. Peut-être
que, vidés de tout, consentirons-nous enfin à être libres ?



 



                                                                                                                                            
          



                                                                                                                                                      
Célestin.



Admin · 411 vues · 3 commentaires
23 Aoû 2008 


LE « DEPRIME »



 



Dans le vif
tremblement d’une nouvelle journée souterraine, je prenais ma peur, ma honte
cloche et ce châtiment divin dans mes grandes poches noires et j’emmenais tout
ça au fond du trou de ma mémoire. Plus loin, réveillé en sursaut, le chat
sordide de mon instinct me griffa l’œil qui me parut gauche dans sa terrible
blessure et son saignement. J’avais mal peut-être, oui, je souffrais, mais ce
n’était que rêves et fantasmagories. Je le savais. Le chat blanc qui me parut
noir d’abord dans ses aspects changeants m’effrayait mais laissait présager des
nouvelles conquêtes dans mon espace intérieur, où un climat hostile et violent
et tapageur régnait. J’étais malade et j’en avais honte…



Mais mes
songes ne s’arrêtaient jamais vraiment, et donnaient lieu à de continuels
frémissements sur ma peau, qui couraient sur moi comme de fines et légères
araignées. J’en pâlissais d’horreur. Je ne m’appartenais plus, toujours trop
soucieux de ma mise, de savoir si une angoisse massive, soudainement, n’allait
pas me serrer le cœur, le faire éclater même aux pires moments. Lorsque par
exemple j’aurais à dire une chose importante. Avec cela, j’étais devenu
terriblement hypocondriaque évidemment ! Je voyais en moi un ramassis des
plus horribles maladies, des plus insidieuses, de celles qui vous gâtent
l’appétit, puis l’esprit, lentement, petit à petit, sans que vous y preniez
garde. Par exemple, toutes ces espèces de « déprimes » dont tout le
monde parle en ce moment, et que chacun aime à se plaindre. Mais moi, j’en ai
vu, des déprimés, des véritables, ces gens sans volonté, devenus incapables du
moindre travail, croulant doucement dans la misère, faisant mourir leur femme,
l’air hébété, n’ayant plus que leurs larmes à boire, pour se laisser mourir à
la fin… Oui, rien de plus noir et de plus terrible que ces déprimés ! Et
ces médecins qui ne savent rien y faire, on a beau lieu de les payer ces bons à
rien ! Mais moi, je résiste, même dans mon hypocondrie.



Me voilà
beau ! N’ai-je pas, aussi, les omoplates qui ressortent, ne suis-je pas,
pour mon jeune âge, déjà vouté ? Mais ce n’est pas moi que vous entendrez
se plaindre ou courir l’assommoir et les jupons ! Et puis, de toutes
façons, je n’ai ni le sou pour boire, ni pour la bagatelle… Mais tout de même,
quel est ce mal étrange, cette espèce  de
« brume mentale » comme je l’ai lu dans une revue anglaise et
traduite de psychologie ? Il n’y a que les psychologues pour inventer des
termes pareils ! Brume mentale… C’est que je n’arrive plus à réfléchir. Et
d’ailleurs, je ne suis pas du genre, d’habitude, à me poser trop de questions,
je laisse ça aux conteurs, aux femmes et aux pessimistes ! Moi, avant de
tomber dans ces rêves étranges et cette léthargie, j’entreprenais la vie, je
chassais les idées les unes après les autres, j’allais de l’avant. Une vraie
tempête. Il fallait se donner pour me suivre. On n’en trouvait pas deux comme
moi pour refaire une toiture ! Mais aujourd’hui, je n’y monte plus guère
sur les toits, et j’ignore si j’y remonterai un jour, tout a l’air si flou, si
incertain, mon trouble est tellement lourd, tellement grand que j’ai
l’impression de ne jamais vraiment dormir ni d’être tout à fait éveillé non
plus. C’est ainsi que je vis désormais : entre rêve et réalité.



 



                                                                                                                                        Célestin,
ego trip.



 



Admin · 482 vues · 2 commentaires
16 Aoû 2008 


L’EMOI ET MOI



 



Oui, il
existe bel et bien ce combat de toujours, cette lutte éternelle entre l’émoi et
moi, entre l’infinie frontière qui étreint ma tristesse et ma peur au large de
ma sagesse, lorsque je pleure par oubli du tendre amour que m’ont légué mes
grands-parents.



Je regarde
alors la vie qui tresse des contours hallucinés dans le parterre de fleurs des
beaux poèmes du temps, temps qui jaillit comme un geyser brûlant. Oui, je me
souviens parfois du prix de chaque méandre, de la génese de mes sourires et de
mes fous rires qui me torturaient le ventre… De cette sourde et si profonde
généalogie qui me fabrique comme l’est l’argile sous les mains agiles du
potier. Je vois ces choses comme une dense pluie qui coule du bord des
parapluies un soir d’orage en été au bord des champs.



Il y a la
lune aussi, et ses reflets luisants dans l’obscurité, qui nous enveloppe au
fond des cloaques qui nous nourrissent et nous abreuvent sans cesse de voluptés
caressantes. Moi, j’aime ça… Et puis, surviennent les oies grasses et
boursouflées de cuisson d’une autre vie, d’un autre assommoir, d’une autre
histoire dont les vagues me parviennent en halo lorsque je somnole à petit feu
sous les chênes fiers. Lorsque je suis satisfait de vivre. Même si parfois dans
mon cœur se pique le foret d’une fourche légère et fine, qu’une vilaine harpie
tient solidement par le manche, et moi de violemment cracher du sang, mon sang !
Soudain, tout se fait sombre, noir, car il faut bien mourir un jour, mais mieux
vaut tard…



Mais quel
est ce bonheur qui fait croire aux hasards, pourquoi se cache-t-il dans le cœur
adroit des filles, dans la voix caressante du bronze poli, quand à l’aurore
bénie de roses le mal s’enfuit, poussé par un vent d’hiver qui fait tout
craquer sous ses pieds énormes et puissants ?



 



J’ai vu ma
vie passer comme passe un ballon derrière un bleu nuage, tel un fugitif dans sa
course. Mais nous, nous ne sommes au fond que des mirages. Notre vérité est
autre que ce que notre regard nous donne à voir. Elle est inconnaissable. Nous
sommes d’abord chair, os et sang. Mais dans l’âme nous ne formons qu’un, une
unique entité que nous ignorons totalement, une voix, un chant, car il n’y a qu’un
Dieu dans l’univers, rien et rien que Dieu, au milieu de milliards de
puissances…Voilà pourquoi Il réconforte les humbles, et pourquoi aussi les
humbles possèdent la véritable force, cette force obscure de la lumière
authentique. Oui, je sais que beaucoup aujourd’hui sont « ivres », d’autres
s’ignorent ou se méprisent, certains sont orgueilleux, d’autres sont énormément
égoïstes, mais tous ont droit à l’erreur, car l’erreur mène aussi dans certains
cas à l’humilité, à cette force.



Mon
expérience se fonde essentiellement sur des erreurs commises dans l’ignorance
et la bêtise, dans l’orgueil et la « folie ». C’est un bagage aujourd’hui.
Mais j’ai su inverser la perspective, et fonder une nouvelle expérience sur des
faits et des valeurs, des inspirations positives. C’est pourquoi j’ai débuté ce
petit texte par un court poème. Bien à vous.



 



                                                                                         
Célestin.



Admin · 408 vues · 3 commentaires
11 Aoû 2008 
Admin · 449 vues · 8 commentaires

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